Numéro Spécial FRANCHISE réalisé en partenariat avec la Fédération Française de la Franchise – FFF

Le grand entretien : CHARLES DOREMUS directeur général d’Au Bureau
Sept 2021

« La franchise est une innovation majeure en termes de création d’entreprises et de création de vocations. »

Quel est le concept de votre marque Au Bureau ?

Dans les années 1980, Serge de Decker, le fondateur, constatant que la restauration à thème a un bel avenir en France, s’inspire des pubs anglo-saxons traditionnels. La force d’Au Bureau réside dans cette capacité à accueillir une clientèle hétérogène tout au long de la journée, de la pause-café du matin aux afterworks et soirées festives, sportives, pour des rendez-vous professionnels comme pour des repas ou des moments conviviaux entre amis, en famille. Le nom a été trouvé par le fondateur : après le travail, il passait souvent du temps au café et il en a eu assez de dire à sa femme qu’il était encore au bureau… Il a donc appelé les bars qu’il a fondés, Au Bureau, pour ne plus mentir à son épouse ! Au fil de son existence, l’enseigne a été rachetée par AB InBev France. Elle appartient aujourd’hui à Bertrand Restauration et notre réseau compte cent soixante établissements.

Votre concept a-t-il évolué ?

Bien sûr. C’est toujours un lieu de vie convivial, du matin au soir, avec des offres adaptées à tous les moments de la journée, comme des planches, etc. Nous organisons des soirées, des concerts, des retransmissions de matchs. Le midi, nous faisons brasserie. Notre restauration est généreuse. Nous pouvons également privatiser nos lieux pour des événements professionnels, par exemple, mettre à disposition des écrans pour des réunions, offrir l’espace à des entretiens individuels à nos clients, dans un univers chaleureux, sans que ce soit du coworking ! Par ailleurs, avant la pandémie, nous avions réfléchi à proposer une offre à emporter. Notre démarche était aboutie puisque nous avions conçu un emballage spécifique, en mettant à plat les contraintes, les atouts… À l’époque, le chiffre d’affaires de ce segment restait marginal et peu de franchisés se montraient convaincus, mais nous n’avons pas arrêté. Heureusement, car lorsque le Covid est arrivé, nous étions prêts ! Aujourd’hui, cette activité est complémentaire à notre métier traditionnel, en établissement. Quand nous sommes complets, nous pouvons proposer au client de lui livrer son repas à domicile, pour qu’il soit un peu avec nous.

En quoi la franchise est-elle un modèle vertueux ?

J’ai toujours été surpris qu’on parle très peu de la franchise. Car c’est une innovation majeure en termes de création d’entreprises et de création de vocations. Vingt-cinq de mes anciens collaborateurs sont devenus chefs d’entreprises, parce qu’ils ont bénéficié d’outils et d’accompagnements que le franchiseur mettait en place à leur intention. Surtout, le fait de ne pas être seul quand on se lance dans un tel projet, est capital. Le franchisé peut s’appuyer sur un cadre, être entouré, partager ses besoins, ses questionnements. Pendant la pandémie, par exemple, nous organisions des calls tous les quinze jours, on s’appelait individuellement. Nous envoyions tous les outils en temps réel. Notre tête de réseau a participé aux négociations avec les syndicats, les ministères, les banques. Ce que ne peut pas faire un indépendant. Ça a été colossal ! Tous aujourd’hui nous remercient chaleureusement. Le modèle de la franchise est un modèle d’innovation, moderne, gagnant-gagnant. C’est stable, solide. Nos franchisés sont des exploitants qui partagent l’envie d’entreprendre, en famille, en couple ou en association. Ils viennent d’horizons différents, issus ou non de la restauration, mais tous témoignent de solides aptitudes à la gestion et au management, avec un fort relationnel envers la clientèle.

©Au Bureau