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Nos grands-mères ont du talent

Nos grands-mères ont du talent

Une nouvelle marque entre en gare !

Interview de Jean de Guerre et Arthur Juin, fondateurs de Nos grands mères ont du talent
10 janvier 2017

Echo Conseil

Jean de Guerre et Arthur Juin, fondateurs

L’entreprise de restauration rapide, Nos grands-mères ont du talent, s’installe dans les gares pour faire partager sa cuisine traditionnelle, à emporter. Vendus par des séniors éloignés de l’emploi à qui la start-up donne l’opportunité d’apporter leur savoir-faire, les plats de produits frais rencontrent un franc succès auprès du public. Ses fondateurs, Jean de Guerre et Arthur Juin, nous expliquent la vocation de cette marque pleine d’avenir.

Quelle a été la genèse de votre projet ?

Au cours de nos études d’ingénieur, dans la construction et la promotion immobilière, nous avons vécu plusieurs expériences à l’étranger relatives au développement de projets associatifs et entrepreneuriaux. Très vite, l’envie de monter notre propre boîte s’est imposée. Porteuse de valeurs comme le plaisir, la convivialité, le bien-être, la restauration nous a semblé être un secteur dans lequel nous pourrions nous épanouir. Nous avons souhaité créer une marque qui se déploierait sur des points de vente car on veut remettre au goût du jour le commerce de proximité. Le client doit avoir une relation avec le vendeur comme celle qu’il peut entretenir avec le boulanger, ce petit commerçant qu’on aime bien. Au-delà de la transaction commerciale, il y a un échange, une discussion qui s’installe. C’est un état d’esprit. « Nos grands-mères ont du talent » est une marque bienveillante. Et pour valoriser notre cuisine, nous avons abordé un sujet qui nous tenait à cœur, à savoir la problématique sociale du chômage des personnes de plus de cinquante ans. Ce sont elles, fortes de leur savoir-être, de leur identité, qui vendent aujourd’hui nos plats, en plein accord avec les valeurs de l’entreprise.

Comment êtes-vous organisés ?

Notre métier, au départ, c’est la conception des recettes. Nous travaillons avec Denys, chef et historien de la cuisine, qui revisite les saveurs d’antan, tout en élaborant des plats végétariens. Notre production est confiée à un traiteur extérieur car nous avons vocation à devenir une enseigne nationale et nous souhaitons que tout le monde vive la même expérience gastronomique. Nous passons donc par des professionnels capables de produire nos plats à grande échelle. Nous assurons, ensuite, la logistique et la vente.

Vous avez décidé de vous installer dans les gares. Pour quelles raisons ?

Parce qu’il y a beaucoup de flux. On voulait un endroit avec un fort trafic afin d’être en mesure de rentabiliser nos points de vente. C’est aussi pour nos vendeurs l’occasion de parler avec beaucoup de personnes, d’expliquer notre concept. Nous nous sommes installés dans des gares de banlieue parisienne, à Saint-Quentin en Yvelines, Clamart et Colombes.
Dès le début, on a conçu notre modèle pour des lieux à forts trafics, sous-exploités, voire inexploités, manquant cruellement de vie. La gare de banlieue n’est pas considérée comme une zone marchande. Il faut communiquer et être en mesure de prouver qu’on vend de la qualité. Il y a un gros besoin de réassurance et de communication de la part des voyageurs. C’est précisément ce à quoi se sont employés nos vendeurs. Et avec succès. Car notre taux de fidélisation est de 70 % !

Demain, vous serez à la gare Montparnasse. Est-ce que ça va changer quelque chose à votre offre ?

Non. Nous gardons toujours le même principe du bon plat à emporter élaboré à partir de recettes anciennes, avec des ingrédients de qualité et qui change toute les semaines !
La différence s’exprimera dans la taille de notre stand, plus grand car on aura davantage de place. Nos boutiques, très flexibles, disposent de plusieurs formats, et peuvent se déployer rapidement. Dans les grandes gares, de nombreux voyageurs ont un peu de temps avant de prendre leur train : on proposera donc aux clients de faire réchauffer leurs plats, s’ils le souhaitent, et de les déguster sur place.
Notre carte sera un peu plus étoffée, avec une offre de snacking grand-mère, comme la madeleine café pour le petit-déjeuner, par exemple.

A quel rythme changez-vous votre carte ?

Toutes les semaines. C’est d’ailleurs l’une des raisons de notre succès. En gare de banlieue, ce sont toujours les mêmes personnes qui passent. Il est donc impératif d’avoir une carte qui varie régulièrement pour assoir la qualité de nos produits en leur faisant découvrir des saveurs différentes. Les personnes peuvent aussi commander jusqu’à la dernière minute leur menu à l’avance via ngmodt.fr et venir simplement les récupérer sur le point de vente.

Pouvez-vous nous en dire plus sur les ateliers culinaires que vous allez ouvrir ?

Ils sont destinés aux personnes âgées, dans des maisons de retraite ou des associations de seniors. Il s’agira d’organiser des animations autour de la cuisine, en donnant l’occasion aux participants de fournir des conseils culinaires. Ils pourront aussi proposer des recettes que nous mettrons en ligne sur notre site. Nous voulons être les messagers du goût, constituer une courroie de transmission de savoir entre le public et les anciens qui connaissent de vraies recettes. Nous sommes très attachés à la qualité de nos produits, quitte à être un petit peu plus cher que la concurrence.

Quels sont vos axes de développement ?

Fort de notre expérience et du travail réalisé depuis trois ans qui a abouti à la construction d’un modèle rentable, nous sommes aujourd’hui en mesure de passer à la vitesse supérieure pour nous déployer dans les zones où les gens passent tous les jours : gares de banlieue, grandes gares mais aussi halls d’entreprise, Aéroports, entre autres.
Notre ambition est de faire faire à nos grands-mères le tour de France et pourquoi pas du monde ! Pour devenir une enseigne nationale et être l’entreprise préférée des Français dans cinq ans.

©Nosgrandsmèresontdutalent