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La Louve

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La Louve, le Supermarché d’un autre genre

10 mars 2015

A l’automne 2016 doit s’ouvrir à Paris un supermarché coopératif et participatif. Quèsaco ? Une grande surface ouverte aux membres qui, en échange de trois heures de travail par mois et d’une part de cent euros, pourront acheter des produits bio, locaux, de qualité, à moindre coût. Un modèle inspiré du célèbre Park Slope Food Coop de Brooklyn qui fonctionne depuis quarante ans.

Tout commence en 2010 quand Tom Boothe et Brian Horihan, deux Américains gastronomes, se lancent dans un projet inédit. L’idée est de fonder une coopérative alimentaire à Paris. Celle-ci serait soutenue par le plus grand supermarché coopératif et participatif américain, la Park Slope Food Coop à New-York, qui compte, après quarante ans d’existence, seize mille membres. Au fil de leurs rencontres, les fondateurs sont rejoints par de nombreuses personnes partageant leurs préoccupations.

Dès lors, ils créent, ensemble, le groupement d’achats et l’association Les Amis de La Louve ayant pour objet la création du futur supermarché coopératif. Le projet grandit, les meutes s’organisent. La Louve est de plus en plus soutenue, notamment par la Ville de Paris et la mairie du XVIIIe arrondissement. Le groupement d’achats s’installe dans un local de la Goutte d’Or où se tiennent les réunions. Afin de récolter des fonds, une campagne de fundraising est lancée sur KissKissBankBank.

En 2014, le projet attire de plus en plus de membres prêts à s’y investir. Des groupes de travail s’organisent pour avancer sur les différents chantiers. Le groupement d’achats fonctionne à plein régime. Les statuts du futur supermarché sont déposés. Aussi, un emplacement est trouvé : au 116 rue des poissonniers, Paris XVIIIe. La surface du supermarché totalisera 1 450 m², dont 650 m² au rez-de-chaussée et 800 m2 en sous-sol. Ce supermarché sera coopératif et participatif. Cela signifie que l’organisme sera à but non lucratif. Il sera géré et gouverné par ses membres, lesquels assureront, aux côtés de quelques salariés, la totalité des tâches nécessaires à son bon fonctionnement.

Concrètement, La Louve appartient aux gens qui l’utilisent, à ceux qui y font leurs courses. Ce sont eux les actionnaires. Le projet est notamment financé par le capital que fournissent les coopérateurs. La part est à cent euros et à dix euros pour les personnes bénéficiant des minimas sociaux. Les membres devront participer à la vie du supermarché, à la caisse, la manutention, au nettoyage, par exemple, trois heures toutes les quatre semaines. Les économies réalisées grâce au travail de chacun sont partagées entre les membres qui pourront acheter des produits bios, du terroir et bon marché, en donnant la priorité aux producteurs locaux, aux circuits courts et aux produits de saison.

L’objectif affiché est de promouvoir le développement d’une agriculture durable, à la fois favorable aux paysans et respectueuse de l’environnement.Les deux fondateurs font ainsi profiter de leurs connaissances et de leur expérience acquise auprès de la Park Slope Food Coop la future Louve parisienne qui vise à sensibiliser ses participants aux enjeux alimentaires actuels en devenant un lieu de partage autour de la nourriture.

Une telle initiative n’est d’ailleurs pas un cas unique comme on peut le constater à Bruxelles, avec Beescoop, Bordeaux et son Supercoop, Toulouse et la Chouette Coop, ou à Lille, avec Super Quinquin, entre autres exemples français ou européens.

©La Louve